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| Description
Entrons dans La Halle au début des années 40. Nous arrivons en face d'un comptoir en forme de fer à cheval, comptoir rouge et beige recouvert de planches de bois franc verni. Sur la partie latérale gauche du comptoir, on y trouve une immense cloche de fer blanc décorée par Ouellet, l'artiste peintre local et qui contient une grande meule de Cheddar anglais. Sur le comptoir central trône une balance blanche, très moderne pour le temps. Le reste du comptoir est utilisé pour l'enveloppage de la viande. À la droite du comptoir et en partie sous l'escalier du second étage se trouve l'étal pour débiter et couper la viande, sous la forme d'un très gros bloc en bois dur. L'étal donne sur l'avant de la chambre froide qui fait ouverture sur deux portes fenêtres vitrées. La porte de droite laisse entrevoir les charcuteries de l'époque: jambons, poitrines de porc fumé à trancher (bacon) et saucissons enveloppés dans un épais tissu ciré. La porte de gauche expose la spécialité de la maison: la saucisse, accrochée en longues tresses. Plusieurs propositions avaient été faites à Charles Simard pour exporter ce produit, sinon livrer le secret de sa fabrication. Le secret, disait-il, c'est d'utiliser de la fesse de porc et non des rognures de viande. Il oubliait, toutefois, de parler d'une épice italienne qu'il faisait venir de Montréal, en barils de bois, et dont lui seul connaissait la provenance. Des rails, fixés au plafond, conduisaient les quartiers de porc et de boeuf jusqu'à la chambre froide et à l'étal, à partir d'une petite pièce qui donnait sur la porte d'entrée des marchandises, dans le côté de l'édifice. Cette petite pièce donnait accès, également, sur l'autre chambre froide, plus grande, où était congelée la viande pour l'alimentation des renards.
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Enfin, nous arrivons dans l'arrière boutique. On y trouve un grand coffre-fort où sont déposés les sommes d'argent et les livres des comptes et des registres dans lesquels sont collés les timbres de rationnement que les clients étaient tenus de remettre pour chaque quantité de viande achetée. Il y avait un gros appareil radio au-dessus de la table de travail qui diffusait les nouvelles et les émissions que Charles écoutait entre deux services à la clientèle: Métropole, Le réveil rural, Nazaire et Barnabé, Les fiancés du commando. En face de la table, il y avait la machine à fabriquer la saucisse. La section des compresseurs pour la réfrigération tenait lieu, également, de table de travail à partir d'un banc surélevé. C'est sur ce banc que, tôt le matin, Edmond Simard, un rare ami de Charles Simard, aussi taciturne que lui, venait fumer une première pipée de tabac en commentant les actualités du jour avant de se diriger dans son moulin à bois. On pouvait retrouver sur le même banc, quelques heures plus tard, le représentant de commerce de Canada Packers, monsieur Larochelle, en train de prendre les commandes de viande, les yeux et le nez rougis au lendemain d'une soirée de cartes bien arrosée à L'Hôtel Morin (actuellement la l'auberge La Grande Maison). |
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