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Pour les gens du village, on fêtait pendant trois soirs : mardi, mercredi et jeudi. Dans les rangs, la mi-carême durait toute la semaine. Des masques de tout genre se vendaient dans certains magasins. Quel branle-bas et quel enthousiasme parmi la jeunesse, ces gais lurons (les mi-carêmes) inventant des déguisements originaux ! Leur but était de « passer au nez » * de certaines personnes, les jeunes filles en particulier. Quelques-unes de leurs inventions me viennent à l’idée… un dompteur était accompagné d’animaux en laisse : un ours, un cochon ; un bébé sur sa chaise haute pleurait en cherchant sa suce ; un médecin cherchait à ausculter les jeunes filles, sans succès ; un boulanger avec son chapeau en forme de gros pain ; un dentiste avec un chapeau en forme de dentier et que d’autres personnages oubliés.
L'arracheur de dents - le dentier est fait avec des dents de cochon - |
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Tout était prêt pour faire la tournée au plus grand plaisir des gens qui faisaient rentrer les mi-carêmes : quelques maisons privées ayant invité la parenté, les recevaient. Les garages, les hôtels les accueillaient. Mais la préférence allait aux maisons privées. Les mi-carêmes entraient mais attention, on les attendait de pieds fermes, on devenait de plus en plus rusé pour découvrir ceux qui se cachaient sous les déguisements. Notre but était de les reconnaître et pour eux, il s’agissait justement de ne pas être reconnus. |
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Enlever son masque et s’identifier rendaient heureux et fier! D’autres empruntaient des vêtements anciens bien conservés dans les coffres des grands-parents. Les jeunes filles étaient très populaires en ce temps-là et je me souviens comme on se faisait belles, ces soirs-là.Je n’oublie pas les danseurs et les « gigueurs » accompagnés de leurs musiciens… De forts belles soirées !
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Cet événement joyeux du temps austère du Carême, était favorisé par le fait que les gens étaient isolés et sentaient le besoin de se rencontrer pour fêter, les routes étant fermées en hiver. Seul le train circulait. La mi-carême s’est un peu gâtée quand les routes furent ouvertes l’hiver donnant accès à des visiteurs moins connus, apportant souvent le désordre. Je vous ai raconté un événement d’il y a au moins cinquante ans et plus, souvenir de ma jeunesse. |
| *« Passer au nez » : passer sans se faire
reconnaître.
* Chandeleur : fête des chandelles, le 2 février, fête catholique de la Présentation de Jésus au Temple et de la Purification de Marie.
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Site web de la mi-carême : http://collections.ic.gc.ca/micareme/ Origine de la mi-carême : http://collections.ic.gc.ca/micareme/histoire.htm
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Autre version de la mi-carême En février, il y avait Les Cendres. C’était le début du Carême. Les gens de Baie Saint-Paul acceptaient ce temps de pénitence souvent austère car on savait qu’à la mi-carême, on ferait la fête durant trois jours. Très tôt, les garçons préparaient leurs déguisements, rivalisant d’audace et d’ingéniosité. On connaissait les maisons qui ouvraient leurs portes pour accueillir les parents, les amis et les mi-carêmes. Des bancs faits de longs madriers étaient placés le long des murs de la salle de la maison. On les recouvrait de laizes de catalognes et les jeunes filles en âge de se marier prenaient les meilleures places. Les enfants étaient assis à l’arrière, surveillés par une grand-mère. Vers sept heures du soir, les mi-carêmes arrivaient, souvent avec leurs instruments de musique. Ils faisaient le tour de la salle, saluant les gens, chantant et dansant afin de faire admirer leurs déguisements. -Me reconnaissez-vous, demandaient-ils. C’était plus difficile de les reconnaître si la mi-carême venait de la paroisse voisine. Quand on parvenait enfin à donner un nom, la mi-carême enlevait son masque, un peu déçu mais de bonne humeur. On dit que plusieurs jeunes filles ont trouvé leurs cavaliers et maris dans le temps de la mi-carême ! Texte de madame Gemma Tremblay Baie Saint-Paul, février 2004 |
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Cette recherche est un projet du Groupe d'action des 50 ans et plus de Charlevoix ouest sous le titre Les Aînés Porteurs de mémoire. Coordonnatrice du projet: Madeleine Trotier Otis Mise en page web : Rolande Perron |