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La Renardière du Bas St-Laurent Baie-Saint-Paul- Début 1900 |
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Historique |
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Texte: Roméo Tremblay Informatrice: Lucie Larouche Photos: Rolande Perron |
* "Des industries disparues de Baie-Saint-Paul, celle qui, au début, vers 1912 ou 1915, a soulevé le plus d'enthousiasme, c'est l'élevage des renards. En quelques années se sont établis, autour du village et dans les environs, près de 80 parcs ou enclos de renards. Les habitants qui n'avaient pas d'enclos possédaient un ou plusieurs couples de renards dans les grands parcs. Les premiers éleveurs ont réalisé des profits: le couple de renards se vendait mille dollars et une belle peau valait une centaine de piastres et même plus. Après une vingtaine d'années, les prix se sont mis à dégringoler à cause de la concurrence des fourrures venues de la Russie et les derniers éleveurs ont perdu de l'argent." * Référence: St-Pierre et St-Paul de la Baie-Saint-Paul. Nérée Tremblay.
On se souvient, entre autres entreprises, de La Renardière du Bas St-Laurent située près du Boisé du quai à Baie-Saint-Paul, sur les terrains appartenant aujourd'hui à la ferme FilBaie. C'était un grand parc possédant une centaine de couples de renards. Il appartenait à un regroupement d'actionnaires de Baie-Saint-Paul. Plusieurs concitoyens y ont travaillé, entre autres, monsieur Ladislas Larouche, monsieur Henri Perron, monsieur Roméo Tremblay . Seul monsieur Roméo Tremblay, un aîné de notre ville, a pu nous raconter ses souvenirs de cette époque. Il a été engagé à l'âge de 13 ans: après la Communion solennelle, le garçon était prêt à entrer sur le marché du travail. Sa journée de travail durait près de dix heures et le salaire mensuel était de 15$. Il fallait nourrir les bêtes, nettoyer les cages, protéger les bêtes du "gros soleil" qui endommageait la fourrure, surveiller les petits renardeaux car leurs parents ne se privaient pas de les ajouter au menu! À la période de l'abattage, la corvée augmentait. Il fallait abattre la bête sans endommager la peau que l'on arrachait, retournait et glissait sur un fût. On enlevait la graisse collée à la peau en la grattant avec précaution. Quand la peau était séchée, on la retournait et on la brossait avec soin. On expédiait toute la production de renards noirs et de renards argentés sur le marché de Québec pour le triage et la vente: plus les peaux étaient soyeuses plus leur valeur monétaire augmentait. Monsieur Roméo Tremblay a travaillé à cet endroit durant neuf ans. Aujourd'hui, il élève des lapins pas pour la fourrure, toutefois. |