LE  PONT  ROULANT

Au début de la colonie, en Nouvelle France, les forces motrices disponibles pour bâtir ce pays se limitaient à l’énergie hydraulique puisée dans les cours d’eau pour faire fonctionner les moulins à farine et les moulins à scie.

Il n’existait pas encore d’autres forces motrices disponibles tel que le moteur électrique et le moteur à carburant pour faciliter la tâche des travailleurs et bâtisseurs de ce pays.

Dieu merci, il s’est trouvé des bâtisseurs habités par des talents multiples et inventifs qui ont imaginé et réalisé des CHEFS D’OEUVRE qui leur ont permis de développer des forces motrices capables de faire fonctionner des équipements indispensables tel que le moulin à battre les gerbes de blé, d’avoine, d’orge, ainsi que le banc de scie utilisé pour débiter le bois indispensable au chauffage des habitations de ce pays nordique.

Un de ces CHEFS D’OEUVRE est sûrement le « PONT ROULANT ».

Le tout se composait d’une cage robuste construite en bois, de forte dimension, mesurant quelque 12 pieds de longueur (2 mètres et demi) sur 3 pieds et tiers (1 mètre) de largeur. Dans cette cage, on construisait un genre de pont fixé en pente prononcée. 

Croquis: Jean-Paul Simard

Le tablier de ce pont penché était composé de madriers de 2 à 3 pouces d’épaisseur, boulonnés à 2 chaînes à mailles élargies, une de chaque côté du tablier. Ces chaînes étaient posées sur quatre roues de fer, dentées, portant sur billes (bearings), le tout boulonné à deux essieux (shafts), un essieu à chaque extrémité du tablier. À la roue dentée, côté droit de l’essieu du haut, était fixée une double poulie. Sur une partie de cette poulie, on plaçait une courroie de cuir qui rejoignait la poulie de l’équipement à utiliser, soit le moulin à battre, soit le banc de scie. L’autre partie de la poulie servait à ralentir ou à freiner le PONT ROULANT à l’aide d’une grande perche. Pour faire rouler le tout, on plaçait un cheval dans la cage, sur le tablier du PONT ROULANT. Le poids du cheval et l’effort déployé pour la marche du cheval suffisaient amplement pour effectuer le travail exigé.

Cette description de ce que l’on peut identifier sans exagération de CHEF D’OEUVRE d’une époque est offerte à la jeune génération par deux doyens de chez-nous qui ont puisé dans leur réserve de souvenirs des années 1925, 1928.

 Amicalement,

 Roger Dufour

Baie-Saint-Paul, ce 18 novembre 2003

Cette recherche est un projet du Groupe d'action des 50 ans et plus de Charlevoix ouest sous le titre 

Les Aînés Porteurs de mémoire

Coordonnatrice du projet: Madeleine Trotier Otis

Mise en page web: Rolande Perron

Tous droits réservés


élèves
Ainée
Amis
Tous
Forum
trousse
Liens
Contact
AVIS:
Le gestionnaire du site informe les visiteurs que les auteurs de cette page Web sont entièrement responsables du contenu et de la qualité de la langue écrite.