Les usages du poêle à bois

                                         

Le poêle à bois avait donc de multiples usages directs et indirects. On peut les regrouper sous trois dénominations :

A.   Le chauffage résidentiel (besoins essentiel et historique)

Sur un territoire inhospitalier comme celui de la Nouvelle-France, l’une des premières préoccupations des colons fut de trouver une source de chaleur pour les foyers domestiques. Le bois, énergie renouvelable et nombreuse, était, en plus, très accessible.

Les premières sources de chaleur ont été dispensées par les foyers de pierres avec cheminées. Mais l’efficacité de ces foyers était plus ou moins grande « car la majeure partie de la chaleur était avalée par l’immense cheminée ». 1

Pour cette raison, dès la seconde moitié du 18e siècle, on a commencé à importer les premiers poêles de France. Mais ils étaient très dispendieux. Cependant, à la même époque, ce fut la création des Forges du Saint-Maurice à Trois-Rivières qui commenceront à assembler les premiers poêles à bois fabriqués au pays (photo 1). On assemblait six plaques métal. 

 

Au siècle suivant, soit au 19e siècle, on verra le début d’une industrie florissante avec les poêles à deux ponts ou les poêles à trois ponts 

(photos 2 et 3.) 

B. Les besoins alimentaires

Vers la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, on assiste, si l’on peut dire, à une certaine révolution en ce qui a trait à la fabrication des poêles à bois. Ils deviennent plus esthétiques et raffinés. Leur vocation devient double : le chauffage et la préparation des aliments. La belle époque des fonderies Bélanger, l’Islet  et Légaré est enclenchée.  

Cuisinière Bélanger

Jusque vers les années 1950, ce type de poêle a dominé les goûts et le marché des consommateurs. Ce fut l’époque d’or et glorieuse de « mon beau poêle Bélanger » et aussi de la compagnie l’Islet .

Cuisinière Légaré

Cuisinière L'Islet

Un aspect original de cette réalité c’est qu’il fallait chauffer le poêle autant l’été que l’hiver pour les besoins alimentaires. Imaginez la chaleur étouffante de l’été associée au poêle à bois, ajoutez à cela ce que devait subir une mère de famille dans la préparation des repas à la saison chaude. En passant, vers la années cinquante (environ au milieu), la cuisinière électrique est devenue d’usage courant avec l’arrivée des systèmes de chauffage central.

C.   Divers (aspects familial, social et religieux)

Le poêle à bois dominait la cuisine. Par allégorie, il en était le roi. Il était le pôle autour duquel on posait bien des gestes :

on fumait une pipe avec des amis ou des voisins durant les longues soirées d’hiver; on récitait le chapelet en famille dans la cuisine tout près du poêle; on discutait des gestes de la journée et des décisions pour le lendemain; le poêle à bois permettait d’entretenir la chaudière pour les besoins d’eau chaude nécessaire à la lessive, à la tasse de thé, à la toilette personnelle, aux naissances, etc.

Enfin, n’oublions pas qu’il fallait, dans bien des demeures, chauffer toute  la nuit, en particulier durant les longues nuits d’hiver. Ce qui était très exigeant.

Certains artistes de Charlevoix ont représenté abondamment ce thème de nos cuisines canadiennes françaises. Mesdames Blanche et Yvonne Bolduc, entre autres. Quiconque peut admirer leurs peintures et leurs sculptures pourra y découvrir l’illustration du poêle à bois et autres détails de la vie quotidienne de nos ancêtres.

  1. Page 13. Laberge, Richard. Le petit manuel du poêle à bois