Les meubles du Père Fafard

Le père Fafard

L’homme

Le père Ambroise-Martial Fafard est né à L’Islet sur la rive sud du Saint-Laurent le 24 novembre 1840. Il était le 5e enfant de Joseph Fafard et de Marie-Angélique Fortin. Il fit ses études au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et au Grand Séminaire de Québec.

Le 26 février 1865, il fut ordonné prêtre et devint vicaire de la paroisse Saint-Roch de Québec. Par la suite, il occupa  la fonction de curé du village d’Inverness dans le comté de Mégantic puis il devint Chapelain à la Quarantaine de la Grosse-Île.

C’est en 1872 qu’il prit contact avec Charlevoix pour la première fois en devenant curé de Saint-Urbain jusqu’en 1880. Par la suite, il fut curé responsable de la Cathédrale de Chicoutimi de 1880 jusqu’à son arrivée définitive à la Baie-Saint-Paul le 4 octobre 1889.

Vingt-quatre jours seulement après son arrivée, il acquis une maison en bois d’un étage avec ses dépendances et trois arpents de terre tout près de l’église pour la somme de 850 $. La Baie-Saint-Paul comptait à cette époque environ 3 500 âmes.

Le 5 mai 1891, le père Fafard signe un engagement avec le gouvernement et reçoit 50 $ par année et par tête pour s’occuper de 50 « idiots ». Il prenait déjà soin des vieillards et se rend vite compte da la nécessité d’obtenir de l’aide.

C’est en juillet 1891 qu’il entreprend des démarches pour attirer à la Baie-Saint-Paul une communauté religieuse naissante formée de canadiennes localisée à Worcester au Massachusetts. Après la visite éclair de deux petites sœurs, c’est le 13 novembre de la même année que les quatre premières religieuses arrivent à la Baie-Saint-Paul.

À l’automne 1895, le père Fafard achète plusieurs terre et au printemps 1896, il fait construire une ferme à dessin de nourrir les pensionnaires de l’Hospice qu’il a construit et qu’il agrandit en 1898.

C’est au cours de cette même année de 1898 qu’il décide de léguer tous ces biens à la communauté des Petites-Franciscaines de Marie.

" Enfin, un jour, il manifesta le désir de se désister de tous ses biens en faveur de la communauté : sa part du patrimoine familial, engagée d'ailleurs dans son établissement de charité, et les propriétés, meubles et immeubles qu'il avait acquis pour l'hospice. Tout et de son vivant ..." (1)

Aujourd’hui, tous les meubles que le Père Fafard a légués, sa correspondance, ses notes, certains vêtements, des objets lui ayant appartenu et même son cœur sont exposés à la Maison-mère des Petites-Franciscaines de Marie, au 63, rue Ambroise Fafard à Baie-Saint-Paul.

Les meubles

Malheureusement, on ne sait pas grand chose sur l’origine véritable de ces meubles à part le fait qu’ils aient appartenus au Père Fafard. Notre informatrice prétend qu’ils ont dû être fabriqués en partie par des artisans de Chicoutimi puisque le Père Fafard y a séjourné pendant huit années avant d‘arriver à Baie-Saint-Paul. Toutefois, rien n’est moins certain, compte tenu de la feuille de route du Père Fafard avant son séjour à Chicoutimi. Les auraient-ils achetés ou fait faire ? Aurait-il eu certains meubles en héritage ? Se peut-il que les meubles aient eu des origines différentes ? Pour l’instant, personne ne le sait.

Cette magnifique chaise a été brodée à la main et ornée de perle de verre en 1865 par Madame Letelier-de-Saint-Juste, sœur d’Ambroise Fafard. La chaise occupe une place de choix dans la salle d’accueil de la Maison Mère.

chaise

À la chaise brodée s’ajoute plusieurs chaises simples et causeuses dont on aperçoit ici quelques exemplaires dans la salle d’accueil de la Maison mère. Ces chaises ont été recouvertes de tissus de velours mais la structure est d’origine.

canapé et chaises

secrétaire

Au sous-sol de la Maison mère, on peut visiter un petit musée dont une partie est entièrement consacrée au Père Fafard. On aperçoit ici un secrétaire de confection visiblement artisanale en trois sections juxtaposées. Le meuble est orné de grappes de raisins sculptées à la main et renferme encore des papiers d’origine.

bahut

La couleur très foncée de ce bahut nous cache quelques détails. Toutefois, on le devine très massif. On aperçoit également une partie de l’ornementation sculptée qui entoure la partie principale et qui lui donne un caractère « religieux » que les artisans ont pris bien soin de mettre en valeur. Ce meuble date de la fin du 19e siècle.

Rassemblé ici sur la photo, le set de chambre du Père Fafard. On peut apercevoir l’ornementation particulière entourant le miroir de la vanité dont les courbes sont reprises pour le bureau et la tête de lit. Les dessus sont en marbre. Les sœurs se demandent encore comment un homme aussi corpulent pouvait dormir dans un lit si étroit.

lit

Sœur Aline, notre informatrice, nous montre ici une boîte à musique de marque Stella très bien conservée ayant appartenu au Père Fafard. Cette machine fabriquée en Europe en 1897 fonctionnait avec des disques de métal perforés. on utilisait une manivelle dont on se servait pour bander les ressorts qui faisaient tourner le disque.

Stella

Soeur AlineNotre informatrice pour ce travail a été sœur Aline Clément responsable des archives de la communauté. Sœur Aline est originaire de Kedwick au Nouveau-Brunswick et a prononcé ses vœux en 1952. Nous avons également utilisé le livre intitulé : Par ce signe tu vivras (1), rédigé par sœur Michelle Garceau, p.f.m. dont la première édition remonte en 1955 et qui fut rééditée en 1989 pour le 100e anniversaire de la Communauté.

Soeur Aline et RémyCette page terminée le 10 février 2003, a été réalisée par Rémy Couture à titre « d’Amis » pour le site Patrimoine-Charlevoix.net.

Les photographies sont de Claude Lemay.

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